Au début du XVIIe siècle, septante pourcent de la production anversoise est exportée, dont une grande partie vers la France. A Paris, la foire du bourg Saint-Germain des Prés, animée par des marchands nordiques, diffuse un grand nombre d’oeuvres flamandes. Sous le règne d’Henri IV, puis sous la régence de Marie de Médicis, les artistes flamands, Pierre-Paul Rubens grand maître du baroque, en tête, obtiennent une grande partie des commandes royales : Philippe de Champaigne dans le domaine du portrait ou Frans Snyders dans celui de l’art animalier. Cette forte présence en France incite des artistes français comme les frères Le Nain à adopter les sujets et les modèles flamands.

Parallèlement à ce rayonnement d’un art venu des Flandres, Nicolas Poussin initie et préfigure un art idéal doté d’un pouvoir poétique qui séduit bien au-delà des frontières françaises. Sous le règne de Louis XIII, se forge une identité picturale proprement française qui naît simultanément chez des artistes tels que Nicolas Poussin, profondément marqué par son séjour à Rome et chez ceux, comme Eustache Le Sueur ou Laurent de La Hyre, qui n’ont jamais quitté Paris. Tous élaborent un nouveau langage pictural : le classicisme français.

Peu à peu, la France se constitue une identité culturelle propre qui va influencer de nombreux artistes, notamment les flamands. Attirés par le potentiel énorme du marché français et la magnificence de Louis XIII puis de Louis XIV, de nombreux artistes se rendent à Paris pour se perfectionner et apprendre les techniques picturales françaises, en particulier les artistes de la principauté de Liège.

Le XVIIe siècle voit ainsi les courants artistiques se renverser, l’école classique française venant influencer l’Europe des Arts soutenue par le rayonnement politique du règne de Louis XIV.

Accompagne l’exposition éponyme au Musée Jaquemart-André à Paris du 24 septembre 2010 au 24 janvier 2011.