L’œuvre de Gerhard Richter transcende la scission historique entre les peintures figurative et abstraite. Ses œuvres ne se limitent pas à un jeu de formes et de couleurs complaisant, mais elles ne génèrent pas non plus une image claire de la réalité. Même si cette réalité et ses spécificités constituent les sujets de ses œuvres, cet artiste sceptique remet le figuratif en question. Notamment dans ses tableaux de portes et de fenêtres des années 1960, qui sont au centre de cette exposition. Bien qu’ils renvoient aux caractéristiques typiques d’un art figuratif qui nous montre la réalité, ils nous interdisent en même temps l’accès à cette réalité en créant un espace pictural dépourvu de toute illusion de profondeur. Dans leur refus ostentatoire de dévoiler l’univers du figuratif, ses tableaux de rideaux en sont un bon exemple : la toile est tombée.

L’approche iconoclaste de l’artiste est indéniable. Pour Richter, peindre, c’est concevoir des surfaces, expérimenter la nature illusoire de l’art qui, dans le meilleur des cas, ne nous permet que d’imaginer la réalité « derrière » l’image. Il en va certainement ainsi pour ses tableaux de portes, de rideaux et de fenêtres, où il a développé un concept pictural encore d’application dans son œuvre actuelle, ses tableaux grattés.

L’exposition organisée à l’occasion du 85e anniversaire de Gerhard Richter réunira quelque vingt-cinq œuvres-clés de l’artiste. D’autres œuvres seront reprises dans l’ouvrage, entre autres quelques œuvres supplémentaires (années 1960 et 1970) également visibles dans l’exposition du SMAK.

Après Bonn, l’exposition prendra ses quartiers au Musée Municipal d’Art Contemporain à Gand.

S.M.A.K., Gand, 21 octobre 2017 – 18 février 2018