Maryan W. Ainsworth, Stijn Alsteens et Nadine M. Orenstein.
Avec des contributions de Lorne Campbell, Ethan Matt Kavaler, Peter Klein et Stephanie Schrader.

Jan Gossart (vers 14781532) est l’un des premiers peintres des Pays-Bas qui soit allé à Rome pour y dessiner la statuaire et les monuments antiques et qui, à son retour, ait introduit avec succès dans l’art du Nord le thème du nu érotique dans des scènes bibliques ou mythologiques. C’est généralement à Gossart que l’on attribue l’assimilation du style de la Renaissance italienne en Europe du Nord au XVIe siècle; à la charnière de l’art ancien, il a réorienté le cours de l’art des Pays-Bas en développant l’héritage de son fondateur, Jan Van Eyck, dans un style qui allait aboutir plus tard à l’âge d’or de Pierre Paul Rubens.

“L’homme, le mythe et la sensualité : la Renaissance de Jan Gossart” est l’occasion d’une réévaluation complète et bien nécessaire du génie de l’artiste, la première depuis quarante-cinq ans. Ce livre n’est pas seulement un catalogue d’exposition ; c’est une étude de tout l’oeuvre de Gossart en tant que peintre, dessinateur et graveur. Parmi les nombreux chefs-d’oeuvre présentés ici, on retiendra le “Triptyque Malvagna”, précieux et délicat comme un bijou, le seul retable intact de Gossart ; le “Diptyque Carondelet”, l’un des sommets de l’art du portrait dans les Pays-Bas de la Renaissance ; le Portrait dun couple âgé, étude psychologique étonnamment pénétrante ; l’extraordinaire dessin d’Adam et Ève de la collection du duc de Devonshire à Chatsworth ; et une gravure unique, coloriée à la main, représentant le jeune Charles Quint. Pour éclairer le milieu artistique où évoluait Gossart, la sculpture antique et renaissante, des tableaux de peintres contemporains comme Gérard David et Bernard Van Orley, des gravures et dessins de Marcantonio Raimondi, Lucas Van Leyden et Albrecht Dürer sont également commentés et illustrés.

La plupart des tableaux présentés dans ce volume ont été soumis pour la première fois à un rigoureux examen technique, par des méthodes comme la réflectographie à l’infrarouge, la radiographie, l’analyse de pigments et la microscopie. Grâce à ces analyses, de nombreux problèmes d’attribution, de datation, d’identification des diverses versions et copies ont pu être clarifiés, et il en résulte une meilleure compréhension des méthodes de travail du peintre, du rapport entre ses dessins sur papier et les dessins sous-jacents de ses tableaux, ainsi que de l’évolution de sa technique et de son style. Les résultats d’une importante étude dendrochronologique de ses panneaux sont également présentés. Le génie de Gossart dessinateur a été mis en valeur par l’acceptation dans le corpus de plusieurs nouveaux dessins, et ses gravures font l’objet, pour la première fois, d’une étude approfondie. Le texte se base sur ces analyses techniques sans précédent ainsi que sur des recherches originales concernant des questions qui n’avaient pas été abordées de façon pertinente auparavant. Celles-ci portent sur les débuts de Gossart comme représentant du maniérisme anversois, l’ampleur de l’impact de son séjour à Rome, le patronage de Philippe de Bourgogne (y compris un nouveau regard sur la nature érotique de l’art de cour), le dialogue de Gossart avec la sculpture, la logique qui sous-tend ses représentations simultanées d’architecture du gothique tardif et de la Renaissance, et sa recherche de nouveaux modes de portraits.

Maryan Ainsworth est conservatrice au Département de la peinture européenne au Metropolitan Museum of Art.

Stijn Alsteens est conservateur adjoint au Département des estampes et des dessins au Metropolitan Museum of Art.

Nadine Orenstein est conservatrice au Département des estampes et des dessins au Metropolitan Museum of Art.

Lorne Campbell est George Beaumont Senior Research Curator à la National Gallery, Londres.

Ethan Matt Kavaler est professeur adjoint au Département des arts de l’Université de Toronto.

Peter Klein est professeur émérite de l’Université de Hambourg et de l’Université des Arts appliqués d’Hildesheim.

Stephanie Schrader est conservatrice adjointe au Département des dessins du J. Paul Getty Museum, Los Angeles.

Publié en association avec The Metropolitan Museum of Art

Accompagne l’exposition “Man, Myth, and Sensual Pleasures: Jan Gossarts Renaissance” au Metropolitan Museum of Art, New York (05/10/2010/17/01/2011) et à la National Gallery, Londres (23/02/201130/05/2011)