Pendant longtemps, les femmes n’étaient pas supposées écrire des livres. Elles devaient se contenter de mettre des enfants au monde. Si les femmes écrivaient autrement que les hommes, c’était parce qu’elles vivaient différemment et qu’elles devaient se battre pour avoir le temps d’écrire. Elles devaient avoir une confiance inébranlable en elles-mêmes et énormément de patience, se heurtant à des exigences inaccessibles de la part de la famille et de la société. Pour atteindre leur idéal, elles devaient endurer les privations les plus dures. Les femmes qui écrivaient devaient être prêtes à vivre comme des parias. Jusqu’il y a cent ans, écrire était même dangereux pour les femmes. Aujourd’hui encore, l’écriture implique pour elles une certaine prise de risque.

La dichotomie entre indépendance artistique et conformisme social était invivable pour de nombreuses femmes. Beaucoup cachaient leurs ambitions. Dautres, comme George Sand ou George Elliot, adoptèrent un pseudonyme masculin. D’autres encore résistèrent à tous les préjugés, réussissant, par l’écriture, à mener une vie libre et authentique.

Vrouwen die schrijven leven gevaarlijk (Les femmes qui écrivent vivent dangereusement) propose une iconographie des femmes écrivains. L’ouvrage présente les portraits de Hildegard von Bingen à Arundhati Roy, en passant par Jane Austen, Colette, Virginia Woolf ou Doris Lessing – des femmes qui ont choisi d’écrire et de rendre ainsi leur monde un peu moins dangereux.

Stefan Bollmann a fait des études de philologie germanique, de sciences du théâtre, d’histoire et de philosophie. Maître de conférences et auteur, il a déjà publié le best-seller ‘Vrouwen die lezen zijn gevaarlijk’ (2006).