En 1936, dans un fascicule édité par le Cercle royal artistique d’Anvers, Arnold Goffin écrivait: « Le nom et l’oeuvre de ce maître sont chers depuis longtemps aux délicats. Mais ils sont fort loin d’avoir acquis, en Belgique, tout au moins, la renommée qui leur est légitimement due. »On peut dire que 70 ans plus tard, la situation n’a pas réellement changé en Belgique ou ailleurs. Qui est donc William Degouve de Nuncques (1867-1935), cet artiste du mystère, du délicat et du symbole ? Arnold Goffin ajoutait encore ceci : « Ce que nous décelons dans l’oeuvre de Degouve, c’est moins l’amour du mystère que l’amour de la vie et de la nature, considérées dans un esprit de religion, dans cet esprit de vénération qui nous donne d’admirer la création et, en quelque sorte, de pactiser avec elle sous tous ses aspects, qu’elle soit esprit ou matière, qu’elle soit instinct emporté automatiquement dans sa voie toute tracée ou intelligence qui sarrête, frissonnante, devant l’inconnaissable& ».
Les amateurs d’art du 19ème siècle et de symbolisme connaissent Degouve de Nuncques pour avoir croisé ses tableaux énigmatiques et sombrement attirants dans grand nombre d’expositions. Mais aucune rétrospective d’envergure n’a permis de rassembler, pour le public, l’oeuvre de cette figure marquante de la peinture symboliste belge.

Accompagne l’exposition éponyme à Namur, Musée provincial Félicien Rops, 28 janvier – 6 mai 2012, Otterlo, Kröller-Müller Museum, 26 mai- 2 septembre 2012